Depuis un certain temps le calendrier scolaire à Bobo-Dioulasso connait des perturbations. Les causes sont multiples : manifestations liées d’une part au décès du journaliste Norbert Zongo et d’autre part à la réaction des élèves pour commémorer le décès de certains de leurs camarades. Le premier trimestre dans ces conditions s’est toujours résumé à un mois de cours. Le système s’est plus ou moins accommodé avec cette situation par des réaménagements de circonstances du calendrier scolaire. Les résultats sont assez mitigés avec ces mouvements. Mais visiblement tous les acteurs concernés semblent exaspérés par cette situation. Hélas comme un mauvais sort, chaque année le même scénario se répète. Pour la présente rentrée scolaire (2011-2012), les choses se sont quelque peu compliquées. En effet, après la rentrée académique, les enseignants vacataires intervenant dans les établissements privés ont observé un arrêt de travail. Pour cause, ils demandent une révision du taux horaire de vacation. La situation avant le mouvement de grève était la suivante : les enseignants des lycées et collèges( au moins Bac + 3 )sont payés 2000f/h et ceux des collèges d’enseignement général c’est-à-dire Bac + 2 sont payés 1800f/h. Malheureusement ces taux n’étaient pas observés dans tous les établissements du pays. Certains étaient en deçà, d’autres au-dessus et quelques rares établissements respectaient les dispositions en la matière. Dans tous les cas à Bobo-Dioulasso aucun établissement n’était au dessus de ces taux et on observait au contraire des taux inférieurs servis à tous les niveaux concernés. Le mouvement a donc été lancé, après une lettre d’information adressée aux fondateurs. A l’origine un tel mouvement visait les établissements privés, mais très vite le public fut rattraper par les troubles. En effet, les élèves du privés, frustrés de devoir affronter seuls les perturbations liés à ces troubles, vont impliquer leurs homologues du public pour paralyser tout le système et accélérer la recherche de solutions. Cette stratégie va s’avérer payante mais au bout de quatre semaines de perturbations effectives des cours. Avant le dénouement final on a même assisté à des actes de vandalismes dans certains établissements. Désemparés certains fondateurs ont commencé à négocier des taux individuels faute d’accord global. Malheureusement cela n’a pas suffit pour calmer la situation à leur niveau. Il a donc fallut des négociations globales sous l’égide d’un comité de crise, crée à cet effet, et qui était appuyé par le Ministre des Enseignements Secondaire et Supérieur. Après des discussions assez tendues, un accord fut trouvé presque à l’arraché. Les taux ont été révisés à la hausse à la satisfaction des enseignants. Visiblement les fondateurs semblaient assez résignés et la suite en dit long à ce propos. En effet, certains établissements vont engager des négociations individuelles en évoquant la spécificité de leurs situations financières. Cela a, du reste, été possible par un point du protocole général qui stipulait que les établissements qui connaissent une situation particulière liée à des effectifs insuffisants pourront négocier des arrangements avec leurs corps professoral. Cahin-caha, la reprise des cours fut observée. Mais on notait toujours quelques perturbations dues aux négociations individuelles en cours. Malgré ce petit détail les cours ont repris à la satisfaction de tous. Une inquiétude, vite estompée, apparaîtra avec le syndicat des fondateurs qui va dénoncer cet accord arguant la contrainte subie par ses membres pour sa signature. fort heureusement les cours se poursuivent à l'heure actuelle au grand bonheur des principaux acteurs du système.